Partage, sérénité et spiritualité

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 Jacques Salomé !

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MessageSujet: Jacques Salomé !   Lun 22 Déc - 15:50

J’ai mal à mes mots

(Ou l'importance de s'ouvrir)

J’ai trop souvent mal à mes mots, je ne m’entends pas bien avec eux, on dirait qu’ils sont contre moi… Quand je suis devant quelqu’un que je ne connais pas, mes mots se dérobent, foutent le camp, ne veulent jamais dire exactement ce que je pense ou ce que je sens. Quand ils veulent bien sortir, ils arrivent en pagaille, dans le désordre, comme s’ils prenaient plaisir à s’embrouiller, se mélanger, et me mettent mal à l’aise. Et je sens que chez l’autre ça ne passe pas, ce n’est pas bien reçu, ça cafouille aussi chez lui. Parfois mes mots sortent de ma bouche avant que je le veuille, ou se cachent au fond de ma gorge, se crispent, se recroquevillent et refusent de sortir. J’ai en moi des mots morts de trouille qui n’osent pas se dire.

Le plus difficile, c’est de sentir que les mots que j’utilise, en classe, avec les copains, mes parents, ne sont pas les miens, que ce sont des mots copiés, répétés bêtement, qui appartiennent à d’autres. J’ai emprunté comme ça plein d’expressions “en conserve”, des phrases toutes faites. Mais elles ne sont pas à moi, elles me servent à ne pas paraître trop con devant les copains. Elles me donnent un style, un genre. “Mauvais genre”, dit ma mère, mais elle ne comprend rien. Elle aussi se tait devant mon père. Lui n’a pas besoin de mots, il lui suffit de gueuler. Les mots, il connaît pas, il ne connaît que les coups.

Moi, je voudrais que les mots soient à mon service, qu’ils m’aident à dire tout ce qui est au fond de moi, et que l’autre, en face, arrête de faire comme s’il comprenait, et qu’il les entende vraiment et se laisse entraîner par eux. Avec des mots à moi, j’aimerais dire ce qui va, ce qui ne va pas, ce que j’aimerais et surtout ce que je sens. C’est terrible d’être obligé de tout garder pour soi, tout ce qui tourne en rond dans ma tête, dans mon corps, tout ce que j’imagine, des tas d’images, des pensées malsaines, mais aussi des trucs bien, des bouffées de colère, d’amour. Enfin, tout ce qui circule, s’agite, se bouscule.

La rumination, c’est pas bon ! Mon copain, celui qui a tué sa copine avant les vacances, les journaux ont dit que c’était parce qu’il avait trop regardé la vidéo de “Scream”. C’est pas ça. Tous ceux de ma classe ont regardé “Scream” plusieurs fois ! On sait que c’est du cinéma, du ketchup, des effets spéciaux… Le plus éprouvant, c’est qu’on ne peut pas, on ne sait pas parler de ce que l’on voit, qu’on n’arrive pas à partager nos sentiments, ce qu’on ressent, toute la merde qui s’agite en nous. Alors on garde tout et, un jour, ça explose ! C’est les mots non dits qui font le plus de dégâts. J’avais commencé un carnet, avec des mots qui me plaisaient, j’en avais plein, mais après il faut savoir les placer, les mettre au bon endroit. Et puis les copains, quand je tentais d’en sortir un ou deux, me regardaient d’un drôle d’air.

Un jour, ma mère a dit en pleurant : “Ce qui m’aura le plus manqué dans la vie, c’est d’avoir des mots à moi pour dire ce que j’aurais voulu montrer de moi sans en avoir honte…”

Alors, je ne sais plus, j’attends, j’aimerais pouvoir inventer des mots… »



"C'est facile d'apprendre ce que l'on ne sait pas. Le difficile c'est d'apprendre ce que l'on sait."
(Les mémoires de l'oubli)


"La porte du changement ne peut s'ouvrir que de l'intérieur."
(Les mémoires de l'oubli)


"Oh, celui-là il sait tout, mais il ne sait que ça."
(Les mémoires de l'oubli)


"Il est beaucoup plus facile d'être malheureux que d'être heureux... et nous allons de préférence vers la facilité."
(Les mémoires de l'oubli)


"Ce que je te dis n'est pas nécessairement ce que tu entends."
(Les mémoires de l'oubli)


"Tu es insupportable, tu n'écoutes jamais ce que je ne dis pas"
(T'es toi quand tu parles)


"La pire des privations n'est pas dans ce qui me manque, mais dans l'ignorance où je suis de tout ce que j'ai."
(Si je m'écoutais je m'entendrais)


"Le seul moyen de ne pas risquer de souffrir de la soif, c'est de devenir source."
(Si je m'écoutais je m'entendrais)


"Il est difficile d'accepter qu'on ne naît pas homme ou femme, mais qu'on le devient."
(Si je m'écoutais je m'entendrais)


"Trois tailleurs sur un chantier taillent des pierres. Quelqu'un passant par là leur demande ce qu'ils font.

Le premier répond : " Je taille des pierres"
Le second répond : " Je construis un mur"
Le troisième répond : "Je bâtis une cathédrale"."

(Si je m'écoutais je m'entendrais)


"Le pire des ressentiments est de ne pouvoir pardonner à l'autre le mal qu'on lui a fait."
(Si je m'écoutais je m'entendrais)


Garder un oeil ouvert à l'intérieur de soi permet au regard d'aller toujours plus loin."
(Si je m'écoutais je m'entendrais)


"Tout se passe comme si ce que l'autre nous donne était moins important que ce qu'il ne nous donne pas.
Nous privilégions le manque et non le recevoir."
(Si je m'écoutais je m'entendrais)


"La pire des solitudes n'est pas d'être seul, c'est de s'ennuyer en sa propre compagnie."
(Vivre avec les autres)


"Dans un couple, peut-être que l'important n'est pas de vouloir rendre l'autre heureux, c'est de se rendre heureux et d'offrir ce bonheur à l'autre."
(Parle-moi, j'ai des choses à te dire)


"Si tu ne sais pas quoi faire de tes mains transforme-les en caresses."
(Parle-moi, j'ai des choses à te dire)


"Il faut prendre soin de son corps pour que l'âme s'y sente bien."
(Vivre avec les autres)


"Il est relativement facile de faire des erreurs, mais les répéter et les entretenir suppose beaucoup de constance et un entraînement de haut niveau."
(Vivre avec les autres)


"La violence est le langage de la peur, du désarroi, de l'impuissance, non de la puissance comme on le croit trop souvent."
(Vivre avec les autres)


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MessageSujet: Re: Jacques Salomé !   Lun 22 Déc - 15:51

Le conte du plein et du vide

Il était une fois une femme qui avait découvert, il y avait de ça très longtemps, que tout au fond d'elle, il y avait un immense vide. Un énorme vide entièrement rempli de solitude.

"Je suis habitée depuis toujours par cette solitude", disait-elle

Et pendant des années elle avait tenté désespérément, courageusement, violemment parfois, de remplir ce vide.

Que d'efforts pour déloger sa solitude, pour la chasser en faisant entrer de force dans son vide plein de personnes.

Tout plein d'hommes surtout. Plein d'activités et aussi plein, plein de choses à faire, toujours plus de choses à faire. Ceux qui la voyaient de l'extérieur croyaient voir une femme forte, solide, pleine de dynamisme.

Ils voyaient , eux, quelqu'un de sûr, de résistant, qui savait s'affirmer. Ils n'hésitaient pas à s'appuyer sur elle, à demander des services à cette femme forte et pleine de ressources.

Personne ne voyait le trou immense, rempli de solitude, qui occupait tout l'intérieur de cette femme.

Un jour, elle rencontra quelqu'un qui possédait cette qualité rare de voir dans les êtres humains non ce qu'ils étaient, non ce qu'ils montraient ou cachaient mais ce qu'ils allaient devenir.

Il voyait en eux ce qui n'était pas éveillé et qui allait se réveiller, ce qui n'était pas né et qui allait naître. Il percevait ce qu'ils allaient découvrir avant même qu'ils le découvrent eux-mêmes, en eux-mêmes.

Et cet homme dit : "je vois plein de possibilités en toi.

Elle se sentait si vide, envahie seulement par son immense solitude, traversée par sa détresse, elle entendit ce jour-là le premier de ses possibles : il lui était possible de remplir son vide avec les possibles de la vie.

Ainsi se termine le conte de la femme qui croyait combler le vide de son existence par plein de rencontres et d'activités.



Le conte de l'homme qui était amoureux de la planète vénus

Un homme était amoureux de la planète vénus(certains s'arrêtent au mont vénus!) Mais lui était vraiment amoureux, et chaque soir de ciel étoilé, il s'allongeait devant sa maison pour déclarer son amour à la planète inaccessible, du moins.... Le croyait-il!

Un soir où il rêvait ainsi, le coeur plein d'amour et le corps plein d'émoi, il entendit une voix très douce chuchoter à son oreille: "Je suis touchée de ta faveur et impatiente de te serrer dans mes bras, viens me rejoindre, viens...."

Il se leva d'un bond, il avait bien reconnu la voix de l'aimée, même s'il ne l'avait jamais entendue. La planète Vénus enfin avait perçu son amour et répondait à sa flamme.

"Mais comment puis-je faire pour arriver jusqu'à toi? Je ne suis qu'un homme!"

Elle murmura tout proche "Regarde le rayon de lune qui scintille jusqu'à tes pieds, approche-toi, monte dessus et quand tu seras sur la lune, tu trouveras un autre rayon que j'ai déposé pour toi et qui te conduira jusqu'à moi...."

L'homme monta sur le rayon et avec facilité s'éleva jusqu'à la lune. Sur cette planète, il découvrit comme promis le rayon de Vénus et commença à s'élever vers elle.

À mis chemin, il eut soudain cette pensée : <MAIS vrai, je rêve, ce n?est pas possible qu?un homme puisse ainsi marcher sur le rayon d?une planète...>

Et avec le doute qui naquit ainsi en lui, il trébucha, tomba ...Et s'écrasa des milliers de kilomètres plus bas...Sur Mars.

Avant de mourir, il eut le temps d'entendre la voix de son aimée qui murmurait tout contre son oreille. "Il ne suffit pas de m'aimer, ni de me faire confiance. Encore fallait-il que tu puisse croire en tes ressources, que tu oses te faire confiance à toi-même!

Ainsi se termine le conte de l'homme qui ne savait pas que le possible est juste un petit peu après l'impossible.



Le sage qui avait trouvé tout seul le chemin de la liberté

Une rumeur s'était répandu dans ce pays-là, d'abord silencieusement, puis de façon plus insistante. Il y a comme cela des paroles muettes qui circulent entre des êtres en recherche. Quelqu'un prétendait connaître l'existence d'un sage "ayant découvert tout seul le chemin de la liberté."

Un adolescent, un jour, entreprit le voyage et se renseigna. On lui indiqua une direction, et sur le chemin qu'il suivit il rencontra l'amour d'une qui ne cherchait pas la liberté mais qui avait besoin surtout d'être aimée. Il l'aima donc et quand elle fut sûre d'être aimée, elle put le quitter. Il y a comme cela des amours de besoin, qui s'épuisent quand ils sont satisfaits. Le jeune homme se retrouva seul. Il reprit sa route et rencontra une qui l'aima et se laissa aimer.

Il grandit dans cet amour-là jusqu'au jour où il fut suffisamment grand pour quitter l'aimante. Il y a comme cela des amours pépinières, qui permettent de croître. Il reprit le chemin et durant plusieurs années parcourut la solitude.

Un matin, il s'éveilla avec un désir, celui de rencontrer un autre désir. Il le rencontra et ce fut la fête. La fête dura mille jours et mille nuits.

À l'aurore d'une nuit, il se quittèrent, comblés, rassasiés, chacun tellement émerveillé l'un par l'autre qu'ils imaginèrent que rien de plus beau ne pourrait leur arriver. Aussi chacun de leur côté multiplièrent-ils les rencontres. Lui en trouva beaucoup, beaucoup.

Un jour cependant, il reprit le chemin, et sur ce chemin il rencontra une femme qui lui demanda avec ferveur: "agrandis-moi, prolonge-moi, donne-moi un enfant de toi.

Il lui en donna cinq. Il croyait à la générosité de la vie. Quelques années plus tard, un midi de plein soleil, il reprit le chemin.

Ce n'était plus un jeune homme, c'était maintenant un homme traversé de cicatrices, à la fois vulnérable et puissant, qui s'avançait sur le chemin de la liberté. Il lui fallut encore d'autres rencontres, d'autres errances, d'autres enthousiasmes et d'autres étonnements pour découvrir et rencontrer enfin le sage de la liberté.

Quand il furent face à face, l'homme interrogea le sage sur son secret, sur le meilleur de son enseignement, sur la rigueur de sa recherche, sur le noms des maîtres qu'ils avaient eus, sur les souffrances et les thérapies engagées qu'il avait traversées.

Le sage ne répondit à aucune des questions. Il dit seulement :

"La seule connaissance intime que j'ai est liée à ma seule découverte: je sais aujourd'hui dire non ou oui, sans me blesser."

Ainsi se termine le conte de l'homme qui chercha longtemps, longtemps le chemin de la liberté.



Conte de la petite fille qui croyait que l'amour viendrait un jour la chercher.

Il était une fois une petite fille qui, depuis longtemps, portait dans son cœur le rêve d'un grand et bel amour. Elle rêvait à un garçon, puis plus tard à un homme, un inconnu à venir à qui, elle donnerait sa vie, son corps et tout son être. Les années passèrent et le bel amour n'arrivait pas. Elle le cherchait partout en vain, dans le moindre sourire, dans chaque regard, dans chaque rencontre.

Pendant des années, elle fut sûre que l'amour viendrait vers elle, la reconnaîtrait entre toutes et lui dirait : "Oui, c'est toi que je cherchais, je suis venu pour toi, pour toi seule..."

Et la petite fille devenue grande, pour ressembler à ses amies, aux autres femmes, renia son beau rêve et s'en alla dans les bras d'un inconnu qui passait.

Elle ne savait pas encore qu'elle s'était trahie, car ne connut dans cette rencontre là ni l'amour, ni le plaisir, ni même la possibilité de rêver sa vie.

Puis un jour la relation cassa, elle prit la fuite pour sauver un peu de sa vie. Longtemps, longtemps, son corps garda la trace de cette histoire au début banale, puis médiocre et enfin sordide.

Elle restait, depuis fermée au plaisir, effrayée par le possible d'un partage.

Un jour, bien longtemps plus tard, elle découvrit, tout au fond d'elle, cet amour qu'elle avait tant recherché à l'extérieur.

Oui, elle rencontra cet amour en elle, comme une force extraordinaire qui la poussa vers un homme qu'elle n'avait ni attendu, ni espéré. Il fut là sans même qu'elle le sût, il fut là tout entier, tout présent.

Il fut là et elle s'éveilla ou, plutôt, ce fut l'amour qu'elle portait en elle qui s'éveilla.

Telle une source, il irrigua chacun de ses gestes, ensoleilla ses paroles, fit germer des possibles qu'elle ne soupçonnait même pas.

Ce fut comme un tremblement de terre interne qui secoua toute son existence.

Elle qui avait tant attendu, espéré un amour unique venant vers elle du dehors, découvrait étonnée, ébahie, qu'il avait sommeillé jusqu'à ce jour en elle. Qu'elle le portait au secret de son corps, inouï, extraordinaire de vivacité, surprenant, d'imprévisibles.

L'homme à qui elle donna cet amour inespéré fut si surpris, dans un premier temps, qu'il douta de ce sentiment si fou, si soudain. Il en eut même un peu peur au début. "Je ne le méritais pas pensait-il, elle doit se tromper et me prendre pour un autre.

Mais c'était bien lui qu'elle avait choisi, seulement lui. La suite de l'histoire, je ne peux le dire car il arrive parfois que des amours humains soient agrandies, si amplifiées par ceux qui les reçoivent qu'elles deviennent des légendes.

Et je ne veux entraîner personne dans un rêve qui ne saurait trouver sa place dans la réalité. À moins que, écoutant tout au fond de vous ....



Le conte de la petite souris qui avait très peur d'écraser les pieds des éléphnants

Il était une fois une petite souris si timide qu'elle s'imaginait que si elle sortait de son trou, si elle allait en promenade, elle risquait de déranger tout le monde et en particulier de faire du mal aux éléphants en marchant sur leurs pieds.

Quand elle sortait de chez elle, elle marchait avec beaucoup de précautions, avançait avec hésitation, regardait soigneusement autour d'elle afin de ne déranger personne. Elle craignait tellement de déranger qu'elle aurait voulu être invisible.

Lorsque je vous ai dit que cette petite souris était timide, j'aurais dû vous préciser qu'elle était surtout égocentrique. Égocentrique est un mot du langage des souris qui veut dire: centré sur soi, préoccupée d'elle-même.

Au pays des souris, c'est un fait connu, tous les timides sont souvent des individus qui ont une perception d'eux-mêmes tellement forte qu'ils ramènent tout à eux. Ils imaginent que dès qu'ils sortent de leur trou, dès qu'ils sont en public, tous les autres voient aussitôt qu'ils sont là. C'est un paradoxe, les souris timides pensent que chacun cessant son activité, déviant le cours des ses pensées, se met aussitôt à avoir une opinion, un point de vue, un commentaire sur elles.

Alors ces petites souris soi-disant timides se mettent à vivre, à se comporter à partir de tout un imaginaire, à partir duquelle, hélas, elles construisent et organisent la plupart de leur comportement. "Si je fais ceci, je risque de faire de la peine. Si je dis cela, je risque de provoquer la colère. Si je ne dis pas, ils vont penser que, si je ne fais pas, il vont imaginer que..."

Elles passent ainsi à côté de leur existence, sans pouvoir se réaliser et aller vers le meilleur d'elles-mêmes, tellement elles s'enferment dans ce qu'elles ont imaginé de l'imaginaire de l'autre. Les petites souris timides se donnent ainsi à l'intérieur d'elles-mêmes une importance très grande, si grande qu'elle envahit tout l'espace autour d'elle...


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MessageSujet: Re: Jacques Salomé !   Lun 22 Déc - 15:52

Le conte de Miss Bobo

Il était une fois une petite fille très espiègle, très délurée et très vivante que tout le monde dans sa famille appelait Miss Bobo.

Non, non ce n'est pas ce que vous croyez; n'allez pas penser qu'elle se plaignait d'avoir mal ici où là, ou qu'elle était toujours malade ou encore souffrante pour un rien! Pas du tout, elle était alerte, solide sur ses deux jambes, pleine de vitalité, mais il lui arrivait toujours quelque chose: un coup, un choc, une chute, un jouet qui venait brutalement à sa rencontre. Je dois vous dire aussi qu'elle cassait plein d'autres choses auxquelles sa mère tenait. C'était un peu sa spécialité. Les objets avaient du mal à résister à sa façon de les toucher ou simplement les déplacer.

Elle était souvent pleine de bleus, d'égratignures, de petites écorchures. Comme si le monde qui l'entourait était trop petit, trop étroit, mal adapté à son corps d'enfant toujours en mouvement, plein d'élans, sautillant, agité de désirs imprévisibles, sollicité par tant d'appels invisibles, emporté par un courant d'énergie extraordinaire. On ne pouvait quand même pas demander à l'univers de se tenir tranquille quand Miss Bobo arrivait quelque part!

Évidemment tout cela inquiétait ses parents, surtout sa mère qui aurait voulu aplanir, arrondir, organiser, niveler toutes les aspérités de la vie, pour éviter à sa fille tous les bobos qui se déposaient sur elle avec tant de bonne volonté et de plaisir.

Cette petite fille n'aimait pas beaucoup qu'on l'appelle Miss Bobo. Comme si c'était elle qui cherchait tous les coups qui lui tombaient dessus. Elle aurait préféré qu'on la reconnaisse comme miss coeur aimant ou miss tendresse.

Ce qu'elle cherchait avant tout, c'était le contact. elle avait beaucoup de plaisir à toucher, à caresser, un grand besoin d'apprivoiser. Tout à l'intérieur d'elle, elle avait d'ailleurs le sentiment que sa mère était intouchable, trop parfaite, inaccessible. Mais cela, pour rien au monde elle n'aurait pu le dire.

Ah! se blotir contre elle, monter sur ses genoux, mettre son nez tout au creux de sa poitrine, fermer les yeux, se laisser porter! elle aurait tant voulu que sa mère, toujours occupée, arrête de faire ce qu'elle faisait, libère ses mains et aussi sa tête et lui dise enfin : " viens, viens contre moi.."

Oh! oui sentir l'odeur, la chaleur, la palpitation du coeur de sa maman, se laisser aller, confiante, tout contre elle, n'avoir rien à demander et sentir qu'on est entendu, accueillie, acceptée. Qu'on a enfin une place à soi et surtout qu'on ne dérange personne en osant la prendre. alors plus besoin de casser, de se cogner, de se faire mal aux aspérités du monde!

Je ne sais si l'attente de miss bobo sera entendue. Je l'espère de tout coeur...


Le conte du petit tang

( Certain enfants sont capables de se donner la mission d'assister, de soutenir ou de soigner un de leurs parents, au prix de leur propre équilibre)

Il était une fois un petit tang très courageux, mais je dois vous le dire, aussi très angoissé. L'angoisse, c'est une sorte de peur diffuse, profonde, tenace, dont on n'arrive pas à saisir l'origine.

Si vous craignez les araignées, c'est relativement simple : chaque araignée vous inspire la peur. Et même si vous savez que la peur des araignées ou des voleurs témoigne d'autres peurs plus profondes ou exprime les désires qui se cachent derrière, vous pouvez au moins mettre un nom sur votre peur.

Si vous redoutez que vos parents fassent un autre enfant qui pourrait prendre un peu de votre place ou qui ferait que votre maman soit moins disponible pour vous, parce que entièrement occupée par lui, vous pouvez là aussi mettre un nom sur votre peur et tenter d'en parler.

Dans l'angoisse, il est difficile de mettre un nom et même de localiser ce qui la déclenche. Elle est là, elle envahit tout notre corps et c'est très pénible, très lourd à porter.

Vous ne savez peut-être pas non plus ce qu'est un tang?

C'est un petit animal, très intelligent, très agile, très habile, qui vit sur les îles volcaniques qui surgissent au milieu de l'océan Indien, comme des oasis entre le bleu du ciel et celui de la mer.

Ce petit tang vivait avec sa maman qui avait divorcé de son mari. Et celui-ci, le papa du petit tang, s'était aussitôt remarié avec une tangueuse. Ils avaient eu ensemble une petite fille. Une petite tanguille qui était donc la demi-soeur du petit tang, mais dans ce cas-là on peut dire la soeur, car il l'aimait beaucoup.

Depuis quelques mois le petit tang, qui adorait et surtout admirait très fort son papa, était très inquiet. Il voyait, chaque fois qu'il allait chez lui, la deuxième femme de son père, la tangueuse dont je vous ai parlé, se disputais souvent avec son mari, crier, dire des choses désagréables et menaçantes, qui faisait beaucoup de mal à son mari et aussi aux enfants présents.

Le petit tang entendait au-dessus de sa tête les mots qu'il croyait avoir oubliés : séparation, divorce, partage. Et surtout, surtout il voyait son papa malheureux, lui qui habituellement était si sûr de lui, qui connaissait plein de choses, restait le plus souvent silencieux, amer, travaillait beaucoup, enfermé dans une infinie tristesse.

Le petit tang courageusement tentait de soutenir son papa. Il aurait voulu avoir de meilleurs résultats à l'école, se montrer gentil, prévenant, discuter voiture avec lui. Car lui et son père étaient des passionnés de grosses cylindrées, ils connaissaient toutes les marques et leurs caractéristiques, au cheval près!

Mais tous ses efforts l'épuisait, lui demandait beaucoup d'énergie. Aussi, quand il entrait auprès de sa maman, il redevenait un tout petit bébé qui réclamait des câlins et des marques d'attentions sans fin. Il grimaçait, parlait avec des intonations d'un tout petit enfant, S'exprimait avec des mots déformés. Un psychologue qui l'aurait vu dans cet état aurait prononcé gravement: régression, enfant en insécurité affective, état confusionnel passager, enfant déstructuré... Ou tout autre diagnostique inquiétant.

Il n'aurait pas compris combien ce petit tang était au contraire très structuré, très logique pour, d'un côté avec ses tentatives courageuses, soutenir son père, lui dire de toutes les façons possibles : " Tu peux compter sur moi, moi je ne te quitterai jamais. D'ailleurs si je ne grandis pas, si je reste petit, tu seras obligé de me garder toujours", et de l'autre côté s'abandonner, se récupérer auprès de sa mère, infantilisant un peu.

Ainsi, il arrive à des enfants, chez les tangs, bien sûr, mais aussi chez les hommes, d'être des enfants fidèles qui, aillant entendu les souffrances cachées de leurs parents, veulent les prendre en charge, avec une volonté, une ténacité et un courage extraordinaire.

Ce petit tang m'étonne et m'impressionne beaucoup.

J'espère cependant qu'il développera toutes ses qualités, sans se sentir obligé de mal traiter avec autant d'acharnement, son propre épanouissement.

Le conte des parents ours qui avaient tellement besoin d'avoir une belle image d'eux-mêmes.

Vous ne le savez peut-être pas, mais au pays des ours, chacun se comporte à partir d'une habitude qui n'est pas toujours facile à vivre... Pour les autres. Ils ont besoin d'avoir en permanence une bonne image d'eux-mêmes. Et pour confirmer cela, ils se mêlent sans arrêt de la vie des autres. Avoir aux yeux du monde entier une image positive est très importante pour eux, et dès que quelqu'un ose mettre en cause cette image, en s'autorisant par exemple à dire à un ours qu'il ne le voit pas comme il se voit ou se perçoit lui-même, alors il déclenche un drame épouvantable qui retentit dans toute la famille et déstabilise l'entourage.

Vous savez également qu'un ours est souvent grognon, qu'il ne mâche pas ses mots, qu'il dit ce qu'il pense et même un peu au-delà, sans se soucier de la façon dont tout cela sera reçu par l'entourage. Et évidemment il se trouve toujours étonné, voire scandalisé quand quelqu'un de proche par exemple lui fait remarquer qu'il a été blessé ou heurté, choqué ou gêné par son intrusion dans son intimité ou encore par telle ou telle remarque. Vous n'imaginez pas la tempête que cela peut déclencher!

Ce fut le cas, tout dernièrement, dans une famille d'ours où la fille, pourtant une adulte, mère de la famille, qui se maquillait suivant son goût et en fonction des besoins de sa peau, de gratifier par son père, devant des amis, d'une remarque qui l'infantilisait, donnait à croire que ses produits étaient des attrape-nigauds, qu'une oursonne qui se respecte n'a pas besoin de telles cochonneries sur son visage et que d'ailleurs elle devrait s'habiller de façon moins voyante et ne pas fréquenter tel ou tel ours....

Quand elle tenta de parler à son père de son propre ressenti et lui dire qu'il lui était insupportable d'accepter de tels jugements de valeur ou telles disqualifications, celui-ci fut très étonné et dans un premier temps ne comprit rien.

Puis il se sentit blessé, choqué même ( on touchait ; à la belle image qu'il avait de lui-même!) enfin quoi, un père aimant a bien le droit de faire des remarques justifiées à sa fille.

Sa femme prit son parti. La fille ne savait plus comment se comporter, elle tenta de défendre (elle aussi défendait la belle image qu'elle avait d'elle-même).

Des amis s'en mêlèrent, l'affaire gonfla. Chacun sûr de son bon droit, de sa sincérité surtout, car tous dans cette affaire étaient persuadés d'avoir raison.

La situation semblait sans issue, et puis un dimanche, le père se rappela que souvent il ne réagissait pas en fonction de ce qui se passait mais de ce qu'il imaginait chez l'autre, de ce que les autres pouvaient penser. Il confia qu'il se faisait beaucoup souffrir en imaginant ce que les autres pouvaient eux-même imaginer qu'il imagine. Cercle vicieux infernal qui dans cette situation, par exemple, l'entraînait à disqualifier sa fille de peur qu'on puisse penser qu'il n'était pas un bon père, s'il ne disait rien...

Et le dimanche suivant, autour de la table familiale, tous se mirent à rire et l'histoire des produits de cosmétique, de la vêture, des fréquentations de la fille fut ramenée à des proportions plus oursiennes.

Mais soyez prudents cependant, si vous rencontrez un ours, rappelez-vous que l'image qu'il a de lui-même est ce qu'il met au-dessus de tout....dans un premier temps.


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MessageSujet: Re: Jacques Salomé !   Lun 22 Déc - 15:52

Un conte pour écouter au-delà de son regard

Il était une fois, au fin fond de la Sibérie, un village de chasseur, où le chef avait une femme très belle, très jeune, dont il était amoureux fou...
La saison de chasse ayant été très fructueuse, il chargea son traîneau
de toutes les fourrures pour aller les vendre à la ville voisine.

Les peaux étant d'une très belle qualité, il put les échanger à un bon prix, acheter tout ce qu'il fallait pour la survie de son village et le bien-être de chacun,
car c'était un homme juste et bon.

Après tous ces achats, il lui resta une peau de renard blanc et il vit, dans un coin du magasin, un miroir en métal poli. Dans son village où l'on vivait depuis des millénaires sous la tente, il n'y avait jamais eu de mémoire de chasseurs, aucun miroir. Aussi pensa-t-il faire plaisir à sa femme, qui était comme vous le savez "belle comme un rêve ", en échangeant la peau de renard blanc contre le miroir poli.

Il revint au village, distribua les vivres et les objets ramenés de la ville équitablement entre tous les chasseurs, ne gardant pour lui que le miroir enveloppé dans sa chemise, qu'il déposa au pieds de sa femme.

Celle-ci se pencha sur le paquet, ouvrit la chemise, reconnut l'odeur de son mari, s'arrêta stupéfaite, éclata en sanglots, puis prit son manteau, ses raquettes de neige et s'enfuit sans un mot jusqu'au village de sa mère.

Cette dernière s'étonna de la visite de sa fille. Celle-ci entre deux sanglots murmura : - Mon mari ne m'aime plus. Il est parti à la ville comme chaque année,vendre ses fourrures. Comme chaque année depuis toujours,
il a rapporté tout ce qu'il fallait pour le village. Il n'a oublié personne. Mais dans sa chemise, il a ramené une femme merveilleuse, très jolie, séduisante comme un matin de printemps. Elle avait même son odeur, je l'ai reconnue.
C'est bien le signe qu'il ne m'aime plus.

Sa mère, qui était une femme d'expérience, car elle avait beaucoup vécu, lui dit :
- Viens avec moi, je veux voir qui oserait être plus belle que ma fille. Plus belle que le rêve d'un roi !Je veux voir.

Arrivée au village des chasseurs, elle entra sous la tente du chef, reconnut la chemise de son gendre, l'ouvrit, se pencha, regarda et éclata de rire, en disant à sa fille : - Tu n'as rien à craindre ma chérie, elle est vieille et moche.

Oui, on ne voit ses problèmes…qu'avec ses propres yeux !

Jacques Salomé :

Contes à aimer...Contes à s'aimer.



Le conte du petit koala qui croyait que l’amour c’était recevoir des coups

Il était une fois un petit koala qui vivait dans une région très, très reculée de l’Australie. En fait, il faut vous le dire, il vivait dans une maison d’enfants koala, car ses parents ne pouvaient s’occuper de lui.

Toute sa vie, il avait reçu des coups. Tout bébé, tout enfant, il recevait, de la part des autres koalas qui l’entouraient, des coups. Lui, il croyait qu’être aimé, c’était recevoir des coups ! Cela peut vous surprendre mais c’était sa croyance. Il avait une façon très particulière de provoquer les autres.Il s’arrangeait pour déclencher en eux de la peur, de l’irritation, de la colère. Il était très habile pour donner aux autres l’envie… de le taper !

Il y avait dans cette maison d’enfants une jeune éducatrice koala, qui s’occupait de lui, qui le réveillait le matin, l’aidait à faire sa toilette, à s’habiller, le faisait déjeuner…tout ce fait en général une maman ou un papa qui s’occuperait de son enfant. Eh bien lui, dès le matin, à peine avait-il ouvert un œil qu’il s’arrangeait pour déclencher chez cette éducatrice koala… l’envie de le taper, de le secouer et même de lui tordre le coup.

La bagarre commençait aussitôt, lui aussi rendait les coups, mordait même, griffait. Tout au fond de lui, il croyait que c’était cela s’aimer.Tout petit, un événement dont il n’avait jamais parlé…l’avait beaucoup marqué.

Il était entré dans la chambre de ses parents (avant qu’il n’aille en maison d’enfants) et dans l’ombre il avait vu le papa koala qui s’agitait sur la maman koala, le lit remuait très fort, la maman koala gémissait comme si elle avait mal. Le petit koala, lui ne bougeait pas pour ne pas faire de bruit. Il aurait voulu aller défendre sa maman, mais il n’osait pas. Il croyait que le papa koala faisait du mal à sa maman, il aurait voulu l’aider, mais il n’osa pas…...

Le lendemain matin, il avait demandé : Qu’est ce qu’ils font les papas dans le lit avec les mamans ? La mère un peu distraite avait répondu : Tu sais, ils dorment ou ils s’aiment. Des fois ils s’aiment beaucoup...

Ils se font du mal pour s’aimer ? interrogea le petit koala.

Quand on s’aime on a pas mal, avait ajouté la mère en souriant —mange ton yaourt, dépêche-toi.

Et depuis ce jour, malgré ou à cause de ce qu’avait dit sa mère, le petit koala était persuadé que s’aimer, c’était se faire du mal. Et pour cela se donner des coups...

Revenons à la maison d’enfants koala. La jeune éducatrice qui s’occupait de lui avait dit à une amie :—C’est drôle, j’ai beaucoup d’amour pour lui, mais j’ai peur de le lui donner. J’ai surtout peur qu’il le reçoive mal ou qu’il le refuse.

Un jour elle eut une idée, elle demanda au jeune koala de lui trouver une boite à peur. Il la regarda tout étonné. Une boite à peur !

Oui, une boite à peurs, dans laquelle je pourrai mettre toutes les peurs que j’ai en moi, pour ne pas les garder dans ma tête, dans mon ventre, dans mon cœur.

Le lendemain, le petit koala arriva avec un grand carton de frigidaire, qu’il était allé demander au supermarché du coin. Il avait compris que les peurs de son éducatrice étaient très importantes. Elles fut très touchée de ce geste. Elle lui dit :
J’aimerais t’embrasser sans que tu me donnes des coups. Il acquiesça de la tête.

Elle lui fit, juste au coin de l’œil, là vous voyez, tout près des cils, un long baiser tout doux, tout doux. Tellement doux que le petit koala qui n’avait jamais reçu de baiser aussi doux, sentit une larme couler sur ses joues de koala. Heureusement personne ne l’avait vue, car autrement il se serait mis en colère et aurait donné des coups malgré sa promesse.

Ce jour là, cette éducatrice mit dans le carton à peurs la plus grande des peurs qu’elle avait, celle que son amour ne soit pas reçu par l’autre. C’était une peur énorme qui prenait toute la place dans le carton. De temps en temps, elle allait jeter un coup d’œil sur sa peur, dans le carton. Elle voyait bien que c’était une peur très ancienne, vieille comme sa vie.

De son côté, le petit koala avait aussi découvert une boite à peurs pour lui-même. Il commença à mettre ses peurs dedans. Il se sentait plus léger, plus content. Comment dire, il avait envie de donner des baisers, des câlins, même s’il ne savait pas comment cela se faisait.

Un jour, il osa demander à la jeune éducatrice :

Tu sais, j’aimerais que tu m’apprennes à ne pas aimer...Elle le regarda toute surprise : A ne pas aimer !Oui, tu sais, quand on aime trop fort, on se donne des coups, on crie. Moi j’aimerais que tu m’apprennes à ne pas aimer, à ne pas donner des coups, à faire des baisers de peur, comme celui que tu m’as fait l’autre fois, au coin de l’œil...

Vous n’avez aucune idée de l’énergie qu’il avait fallu à ce petit koala pour dire cela. Cela vous paraît simple à vous, quand vous lisez ce conte, mais ce fut terrible, c’était comme si on lui arrachait la peau, à ce koala. L’éducatrice comprit ce jour-là tout le malentendu qu’il y avait dans la vie de ce petit koala.

Elle lui répondit doucement :

Oui, je suis d’accord. Je vais t’apprendre. On va apprendre ensemble, d’ailleurs, car je suis un peu comme toi, je ne sais pas bien aimer.

L’autre fois, tu vois, j’avais inventé. Oui, nous allons découvrir tout cela ensemble. Il nous faudra, à toi et à moi, beaucoup de patience...Je ne vous raconte pas la suite, car vous pouvez l’imaginer vous-même.

Mais ne croyez pas que cela fut facile. Oh non, ils eurent encore beaucoup de bagarres entre eux, car ils étaient l’un comme l’autre encore très maladroits à s’aimer. J’ai remarqué que cela était très fréquent, cette maladresse à s’aimer chez les koalas, entre parents et enfants, entre adultes aussi.

A mon avis ce doit être une des caractéristiques de l’amour chez les koalas !

Ainsi se termine le conte du petit koala qui croyait que s’aimer, c’était se donner des coups et se faire du mal.

Jacques Salomé : Contes à aimer...Contes à s'aimer


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MessageSujet: Re: Jacques Salomé !   Lun 22 Déc - 15:53

Le conte de la culpabilité

Deux hommes qui se connaissaient depuis longtemps
se rencontrérent au bord d'un trottoir.
Ils étaient tous les deux abattus, atterrés,
déprimés comme il n'est pas possible de l'être.

L'un des deux, croyant être le plus déprimé,
s'adressa à l'autre et lui dit:

"Si je puis me permettre, tu ne sembles pas aller bien,
que t'arrive-t-il ?"

Il espérait que l'autre lui dirait :

"Je vais bien", ce qui lui aurait permis de dire à son tour :

"Tu en as de la chance, moi ça ne va pas du tout......"

Mais celui-ci, contre toute attente, répondit :

"Oh ! ça ne va pas du tout, je me sens coupable, affreusement fautif. Ma mère était malade, je lui ai conseiller de se faire opérer. Et elle est morte des suites de cette opération. Jamais , jamais je n'aurais dû lui conseiller cela.
C'est de ma faute, si elle est morte."

Et le premier de s'exclamer à son tour :

"Moi c'est pire encore, ma mère aussi était très malade, elle voulait se faire opérer, je lui ai déconseillé cela. Je l'ai invitée à partir plutôt en vacances.
Et elle est morte d'un accident de la route. C'est terrible, jamais je n'aurais dû la déconseiller pour cette opération. C'est de ma faute si elle est morte."

Et son interlocuteur de surenchérir :

"Mais toi, tu détestais ta mère, alors que moi je l'aimais, c'est donc moi qui souffres le plus."

"C'est ce que tu crois, s'empressa d'ajouter le premier, la tienne n'a pas eu à subir d'opération, elle. Elle est morte sans souffrir, alors que la mienne..."

"Oui mais la tienne n'a rien senti, n'a pas su ce qui lui arrivait, alors que la mienne..."

Un orage les sépara mais ils se promirent de reprendre cet échange passionnant.
Pour savoir lequel est le premier en culpabilité, lequel est celui qui doit s'attribuer la plus grande souffrance d'avoir fait ou dit, de n'avoir pas fait ou pas dit.

Jacques Salomé : Contes à aimer...Contes à s'aimer.



Le magicien des Peurs

Il était une fois, dans un pays de notre monde, un homme que tous appelaient le Magicien des Peurs. Ce qu'il faut savoir, avant d'en dire plus, c'est que toutes les femmes, tous les hommes et tous les enfants de ce pays étaient habités par des peurs innombrables.

Peurs très anciennes, venues du fond de l'humanité, quand les hommes ne connaissaient pas encore le rire, l'abandon, la confiance et l'amour.

Peurs plus récentes, issues de l'enfance de chacun, quand l'incompréhensible de la réalité se heurte à l'innocence d'un regard, à l'étonnement d'une parole, à l'émerveillement d'un geste ou à l'épuisement d'un sourire.

Ce qui est sur, c'est que chacun, dès qu'il entendaient parler du Magicien des Peurs, n'hésitait pas à entreprendre un long voyage pour le rencontrer. Espérant ainsi pouvoir faire disparaître, supprimer les peurs qu'il ou elle portait dans son corps, dans sa tête.

Nul ne savait comment se déroulait la rencontre. Il y avait, chez ceux qui revenaient du voyage, beaucoup de pudeur à partager ce qu'ils avaient vécu.

Ce qui est certain, c'est que le voyage du retour était toujours plus long que celui de l'aller.

Un jour, un enfant révéla le secret du Magicien des Peurs. Mais ce qu'il en dit parut si simple, si incroyablement simple, que personne ne le crut.

"Il est venu vers moi, raconta-t-il, m'a pris les deux mains dans les siennes et m'a chuchoté :

"Derrière chaque peur il y a un désir. Il y a toujours un désir sous chaque peur, aussi petite ou terrifiante soit-elle ! Il y a toujours un désir, sache-le'"

Il avait sa bouche tout près de mon oreille et il sentait le pain d'épice, confirma l'enfant ce qui fit sourire quand même ceux qui l'écoutaient.

Il m'a dit aussi :

"Nous passons notre vie à cacher nos désirs, c'est pour cela qu'il y a tant de peurs dans le monde."

Mon travail et mon seul secret, c'est de permettre à chacun d'oser entendre et d'oser respecter le désir qu'il y a sous chacune de ses peurs"

L'enfant, en racontant tout cela, sentait bien que personne ne le croyait.
Et il se mit à douter à nouveau de ses propres désirs. Ce ne fut que bien des années plus tard qu'il retrouva la liberté des les entendre, de les accepter en lui.

Cependant un jour un homme décida de mettre le Magicien des peurs en difficulté. Oui, il voulait le mettre en échec. Il fit le voyage, vint à lui avec une peur qu'il énonça ainsi: "J'ai peur de mes désirs ! "

Le Magicien des Peurs lui demanda :

"Peux-tu me dire le désir le plus terrifiant en toi ?

-J'ai le désir de ne jamais mourir ! murmura l'homme.

-En effet, c'est un désir terrible et fantastique que tu as là.

(Après un temps de silence, le Magicien des Peurs suggéra)

Et quelle est la peur qu'il y a en toi, derrière ce désir ? Car derrière chaque désir il y a une peur qui s'abrite, et parfois même plusieurs peurs."

L'homme dit d'un seul trait :

"J'ai peur de ne pas avoir le temps de vivre toute ma vie !

- Et quel est le désir de cette peur ?

- Je voudrais vivre chaque instant de ma vie de la façon la plus intense, la plus vivante, la plus joyeuse, sans rien gaspiller !

- Voilà donc ton désir le plus redoutable, murmure le Magicien des Peurs, d'une voix douce. Ecoute-moi bien.

Prends soin de ce désir, c'est un désir précieux, unique. Vivre chaque instant de sa vie, de la façon la plus intense, la plus vivante, la plus joyeuse.... sans rien gaspiller ! C'est un très beau désir. Si tu respecte ce désir, si tu lui fais une place réelle en toi, tu ne craindras plus de mourir. Va, tu peux rentrer chez toi..."

Mais vous qui me lisez, qui m'écouter peut-être, vous allez tout de suite me dire :

"Alors, chacun d'entre nous peut devenir un Magicien des Peurs !"

Bien sur, c'est possible. Si chacun s'emploie à découvrir le désir
qu'il y a en lui, sous chacune de ses peurs !

Oui, chacun de nous peut oser découvrir, dire ou proposer ses désirs, à la seule condition d'accepter qu'ils ne soient pas comblés. Chacun doit apprendre la différence entre le désir et sa réalisation....

Alors, tous les désirs ne peuvent se réaliser, même si on le désire ?

- Non, seulement certains. Et nul ne sait à l'avance lequel de ses désirs sera seulement entendu, lequel sera comblé, lequel sera rejeté, lequel sera agrandi jusqu'aux étoiles !

"C'est cela le grand secret de la vie. D'être imprévisible, jamais asservie et,
en même temps, immensément généreuse face aux désirs des humains. "

Des rumeurs disent que le Magicien des Peurs pourrait passer dans notre pays…

Tiré du Livre de Jacques Salomé

Intitulé : Tais-toi quand tu parles


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MessageSujet: Re: Jacques Salomé !   Lun 22 Déc - 15:54

Le conte du petit soupir.

Il était une fois un soupir qui cherchait son souffle. Et soudain il sortit de la gorge d'un petit garçon, comme par erreur, tout chiffonné, tout froissé, presque embarrassé, tout timide.

Ce fut un soupir ébahi de se trouver au-dehors pour la première fois de sa vie de soupir. Le petit garçon étonné lui adressa la parole:

- Mais d'où viens-tu, je ne te connais pas, c'est la première fois que je t'entends et que je te vois! Le petit soupir un peu ému lui répondit:

-C'est vrai, c'est bien la première fois que j'ose sortir de ta poitrine, jusqu'alors je n'avais pas cru cela possible.

-Veux-tu me raconter ton histoire? lui demanda le petit garçon.

-Oh! mon histoire, c'est un peu la tienne, mais à l'envers.

-Comment cela, à l'envers?

-Oui, toi par exemple, tu vis, tu respires pour quelqu'un d'autre, moi j'essaie de vivre, de respirer seulement pour moi.

-Je ne comprends pas ce que tu veux dire, s'exclama le petit garçon qui sentait une grande colère monter en lui.

-C'est facile pourtant. Toi, tu passes ta vie à étouffer. Tu sais, ces crises d'asthme que tu as, moi je les connais bien. Elles ont commencé à six ans.

-C'est vrai, j'ai eu ma première crise à six ans.

-Oui, le jour où tu as cru que ton père "étouffait" ta mère.

-Je ne me souviens pas de cela...

-Oh! mais ton corps, lui, n'a pas oublié. Tu étais très jeune, tu dormais dans la même chambre que tes parents et un jour tu as entendu du bruit. Tu as ouvert les yeux et tu as eu très peur, car tu croyais que ton papa étouffait ta maman. Elle gémissait sans rien dire... lui remuait beaucoup.

-C'est vrai que j'ai dormi longtemps dans la chambre de mes parents, jusqu'à huit ans! Mais je ne me souviens pas de ce que tu racontes.

-Je veux bien croire que tu ne t'en souviennes plus. Pourtant cela s'est passé comme je te le dis. Car moi j'étais à l'intérieur de toi et j'ai bien senti que tu bloquais toute ta respiration. Tu voyais quelque chose sans bien comprendre ce que tu voyais. Tu croyais que ton papa faisait du mal à ta maman.

-Mais qu'est-ce qu'ils faisaient alors? demanda le petit garçon au petit soupir.

-Ils faisaient l'amour, ils avaient du plaisir...

-Alors c'est ça, faire l'amour. C'est se mettre sur l'autre et tenter de l'étouffer!

-Non, pas l'étouffer. Ce que tu entendais, c'était des gémissements de plaisir. Quand les parents font l'amour et qu'ils sont d'accord pour le vivre ensemble, ils se donnent du plaisir. Ils sont heureux.

-Oh bon, dit simplement le petit garçon.

-Oui, je ne peux pas tout t'expliquer, dit le petit soupir, tu découvriras cela toi-même plus tard...

-Ah bon!

-Oui, certainement. Plus tard quand tu seras plus grand et peut-être avant!

Depuis ce jour-là, je peux vous l'affirmer et vous le confirmer, car c'est une histoire vraie, le petit garçon n'a plus jamais eu de crise d'asthme, plus besoin de médicaments, ou de précautions particulières à "cause de son asthme!"Il n'a jamais revu non plus le petit soupir, mais vous pensez bien qu'il l'aime beaucoup. Il en garde à jamais en lui le souvenir vivant.

Ainsi se termine le conte du petit soupir qui avait besoin de s'exprimer... pour aider un petit garçon à retrouver son souffle.

Source: Contes à guérir - Contes à grandir de Jacques Salomé



La femme qui décida un jour de ne plus fuir les occasions de rencontrer le bonheur

Il était une fois une femme qui souffrait beaucoup, et en particulier chaque fois qu'elle aurait pu être heureuse.

Il faut vous dire qu'elle avait été une petite fille profondément blessée par la mort de sa mère. Celle-ci, pour des raisons qui lui appartenaient, s'était, dans un moment de sésespoir sans espoir, donné la mort. Elle avait pris trop de médicaments, mettant ainsi fin à sa vie.

La mort de sa mère avait fait une violence terrible à la petite fille qui avait à peine cinq ans au moment où cet événement pénible était entré dans sa vie.

Et cette violence, elle l'avait gardée. lle la portait en elle depuis plus de trente ans, tout au fond de son corps, dans sa tête, dans son coeur.

Mais comme il y avait beaucoup de vie en elle, elle avait survécu.

Ce fut une petite fille courageuse, une adolescente intrépide qui voyageait beaucoup, une femme active qui avait du caractère.

Mais il y avait une inquiétude, toute noire, permanente en elle, rassemblée autour de la crainte de perdre ceux qu'elle aimait.

Elle était à la fois très solide et très fragile. Elle avait ainsi vécu plusieurs séparations amoureuses et cela l'avait beaucoup affectée, car vous comprenez que, chaque fois, se réveillaient en elle les blessures inscrites dans son corps de petite fille.

Un jour, elle décida d'aller sur la tombe de sa mère. Elle avait fabriqué, en rassemblant quelques vieux vêtements, une sorte de pantin qui représentait, de façon symbolique, la violence qu'elle avait reçue à la mort de sa mère.

D'un seul coup, cela devenait urgent, il lui fallait rendre, restituer, vous l'avez compris, symboliquement à sa mère la charge négative inscrite en elle par la disparition de celle-ci.

Elle fit un long voyage en train de plus de huit heures et déposa l'objet sur la tombe de sa mère, avec une petite lettre qui commençait ainsi:

«Maman, ta disparition quand j'avais cinq ans m'a fait beaucoup de violence. J'étais trop petite, j'avais encore besoin d'une maman, et surtout, surtout je n'ai pas eu le temps de te donner tout l'amour que j'avais en moi. À l'époque je n'avais pas de mots pour dire tout cela et je ne voulais pas ajouter de la peine au chagrin de papa. Tout cet amour que j'avais pour toi et que je n'ai pu t'offrir m'étouffe un peu. Et si aujourd'hui je dépose ce pantin qui représente la violence que j'ai reçue de toi, je reviendrai un jour prochain, avec un objet qui représentera tout l'amour que je n'ai pu te donner et que j'aimerais t'offrir avec beaucoup, beaucoup de tendresse et une affection infinie.»

Je ne sais comment se termina cette histoire.

Ce que je sais, c'est que cette femme fut très soulagée d'avoir pu faire cela. Au début, elle n'y croyait pas tout à fait, elle éprouva un immense soulagement, se sentit plus légère. Une grande partie de ses angoisses avait disparu et une aspiration extraordinaire à oser se faire plus souvent plaisir commença à l'habiter.

Comme elle était une artiste, elle dessina et se fit faire à partir de ce dessein un très beau bijou pour elle-même. Pour saluer la nouvelle femme qu'il y avait en elle et qu'elle souhaitait à l'avenir respecter.

Et comme pour appuyer sa démarche, elle découvrit dans un livre une petite phrase qui la confirma sur son chemin de vérité: «Ce n'est pas tant ce qui nous arrive qui est le plus important, c'est ce que nous en faisons!»

Jacques Salomé



Le pendu dépendu

Un jour, un homme, par désespoir et aussi par autopunition, et encore par culpabilisation, car il voulait faire de la peine à son entourage, et aussi par un signe d'appel, car il ne se sentait pas entendu, et encore par défi, pensant que tout s'arrêterait........un jour, dis-je, un homme s'était pendu.

Il fut dépendu par quelqu'un qui passait par là. Quand il ouvrit les yeux, il dit :

--C'est trop tard, vous auriez dû m'aider avant, m'aider à ne pas me pendre!

--Mais je ne vous connaissais pas ! dit le sauveteur inconnu.

--Cela ne fait rien, vous auriez dû quand même m'aider avant !

--Je passais juste par là.

--Justement, il ne fallait pas passer.

--J'ai pensé bien faire.

--Ceux qui disaient m'aimer pensaient eux aussi bien faire... en ne faisant rien !

--Alors, j'aurais dû vous laisser mourir sans intervenir ?

--Non, intervenir avant que je me pende, me reconnaître, m'entendre, m'apprécier, m'aimer au besoin. Tout cela avant. Avant que mon désespoir ne me fasse douter de tout.

--Voulez-vous que je vous remette la corde autour du cou ? proposa l'inconnu.

--Surtout pas, je n'ai pas envie de mourir, j'ai besoin de parler.

--C'est que......je n'ai pas le temps, je suis pressé.

--Oui, vous aviez seulement le temps de me dépendre ou de me remettre la corde autour du cou, pas de m'écouter.

--C'est tout à fait cela. Je suis pressé de vivre moi !

--Si un jour vous vous pendez, comptez sur moi, je ne vous décrocherai pas.
Je vais vivre avec cette idée, je sens qu'elle va me soutenir.

Il arrive ainsi à certains êtres d'avoir besoin pour survivre de s'opposer à toute tentative d'échange.

Ne croyez pas qu'il s'agit d'une histoire irréaliste.

Veuillez la relire et écouter entre les mots.

Tiré du livre de Jacques Salomé :

"Contes à guérir, Contes à grandir"
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MessageSujet: Re: Jacques Salomé !   Lun 5 Jan - 13:14

QUAND UN REGARD DEVIENT FERTILE


Il suffit de changer son regard
pour donner un sens nouveau
aux évidences anciennes.

Quand je change de regard,
seulement de regard,
seulement de regard,
tout le reste suit,
et même parfois me précède.

C’est par mon regard
que je me ferme
ou me relie au monde.

C’est par mon regard
que je me blesse
ou m’amplifie.

C’est par mon regard
que je te perds
ou te rencontre.

C’est par mon regard
que je deviens sourd
ou que j’écoute.

C’est par mon regard
que je me déteste
ou que je m’aime.

C’est par mon regard
que je vois mes problèmes
ou mes réussites.

C’est par mon regard
mon seul regard,
que je disqualifie une relation,
la compare ou l’embellis
au plus profond de moi.

C’est par mon regard aussi
que j’ouvre mes bras
pour vous accueillir,
quand un regard me le permet
ou m’y invite.

Et c’est par votre regard, parfois,
que je m’entends enfin
au plus profond.

Jacques Salomé
Lettres à l’intime de soi
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MessageSujet: Re: Jacques Salomé !   Lun 5 Jan - 13:18



LE CONTE DE LA GRAND-MÈRE QUI INVENTA UN
MOT NOUVEAU ET RARE

Peut-être sommes-nous sur terre pour simplement agrandir et prolonger le vivant de la vie. Peut-être !

- Grand-mère ! dit le petit garçon, apprends-moi des mots neufs.

- Des mots, encore plus beaux que ceux d’hier?

Plus beaux que ka-léi-dos-co-pe, plus rigolos que ceux qui font des bruits comme cla-po-tis, chu-cho-te-ments …

Encore, grand-mère, encore !

La vieille dame sourit.

Le temps est venu, se dit-elle. Il est prêt !

Oui, j’ai un beau mot pour toi. Je vais t’aider à le trouver …

Oh ! oui, j’adore les devinettes, dit l’enfant en sautillant.

Voilà. C’est un mot qui contient les plus belles valeurs du monde … Un mot qui est présent en toi et tout autour de toi si tu sais le ressentir.

C’est facile! C’est … la Vie !

Oui, bien sûr, il y a de la vie dans ce mot, d’abord de la vie. De la vie vivante, toute joyeuse. De celle qui chante dans tes oreilles chaque matin, avant même que tu ouvres les yeux. Un élan de vie qui te fait dire en regardant le ciel chaque jour : Merci pour ce bleu.

Tant pis pour cette pluie, la terre a soif.

Quel vent ce matin ! ça nettoie tout le ciel, mais fermez un peu les portes en haut, ça fait des courants d’air !

Un mot qui peut dire l’élan, la fougue, l’enthousisame.

Imagine-toi grimpant vers le haut d’une colline.

Tu es presque au sommet, c’est tout clair, c’est tout rond d’herbe verte. Tu marche, il y a l’air vif qui souffle à tes oreilles, tout autour s’étend à perte de vue l’immensité du paysage.

C’est tellement beau que tu en as le souffle coupé.

Ton cœur déborde presque. Tu te sents fort, grand et petit en même temps, léger comme un oiseau, tu te sents aussi libre que le vent.

Tiens, tu pourrais t’envoler, être le vent toi-même …

C’est le Bonheur, grand-mère ?

Il y a du bonheur dans le mot, oui, mais cherche encore …

Quand tu mets du bon dans tout ce que tu fais, quand tu sais ouvrir tes yeux pas seulement pour voir, mais pour regarder, alors tu peux t’émerveiller de tout et d’un rien, du gazouillis d’une mésange, d’un sourire reçu, de la force du brin d’herbe qui pousse dru dans le bitume du trottoir, de la lumière d’or des étoiles.

Quand une fleur devient le plus beau des bouquets du monde, que ton regard se fait caresse pour dire en silence toute ton émotion, quand tu accueilles les bras qui t’aiment et que tu es si plein de désir et d’amour que tu rayonnes comme un soleil …

J’ai trouvé, j’ai trouvé, c’est Soleil d’Amour ! C’est un petit nom que tu me donnais, grand-mère, quand j’étais petit !

Oui, tu es ce soleil-là et il y a de l’amour dans ce mot, mais cherche encore, cherche …

C’est un mot qui te dit aussi d’avoir du courage, même quand il y a du gris dans ta vie. Un mot lucide qui n’exclut pas les peines et les difficultés. Un de ceux qui te permettent aussi de trouver toi-même dans chaque événements difficiles, le petit bout de ciel bleu, l’infime lumière qui te redonnera confiance en toi, et surtout en la vie qui est en toi.

C’est l’Espérance !

Tu y es presque, continue, continue …

Un mot qui contient la Vie, la Joie, l’Enthouasisme, la Tendresse des petits bonheurs, le Courage, le Désir, l’Amour, la Confiance, l’Espérance !

Il existe, grand-mère, ce mot qui dit tout ça à lui tout seul ?

Oui, mon petit … C’est le mot Vivance. C’est la Vivance de la Vie !

C’est un joli mot Vivance, grand-mère !

Murmure-le, caresse-le, écoute-le … Tu l’entends rire dès que tu le prononces …
Vivance !

C’est un mot précieux, tu sais …

Un mot près-des-cieux ?

Oui, dit-elle en souriant. Il vient certainement du ciel, peut-être même du pré-des-cieux … C’est un mot si précieux qu’il est mon héritage pour toi !

C’est qu’il vient de loin, tu sais, de mon enfance, de ma maman à moi, de mon histoire … Il vient de toute ma lignée et je te l’offre aujourd’hui car le temps est venu … Cette Vivance, elle est la force vive qui donnera plus de vie à ta vie.

Je la dépose en toi comme une graine pour qu’elle germe, qu’elle éclose, qu’elle resplendisse, qu’elle fructifie, afin qu’un jour tu puisses à ton tour la transmettre à d’autres, à ceux que tu aimeras, que tu aideras, que tu accompagneras…

Ouvre la bouche, tire la langue, ferme les yeux, mon petit Soleil d’Amour ..Et…hop ! dit la grand-mère en riant, la graine de Vivance est en toi !

N’oublie pas, c’est pour toute ta vie. La Vivance de la Vie, c’est le plus beau cadeau que tu puisses faire à ta propre vie.

Contes à aimer…Contes à s’aimer
Jacques Salomé

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MessageSujet: Re: Jacques Salomé !   Lun 5 Jan - 13:24


"Tu es insupportable, tu n'écoutes jamais ce que je ne dis pas"
(T'es toi quand tu parles)



"La pire des privations n'est pas dans ce qui me manque, mais dans l'ignorance où je suis de tout ce que j'ai."
(Si je m'écoutais je m'entendrais)


"Le seul moyen de ne pas risquer de souffrir de la soif, c'est de devenir source."
(Si je m'écoutais je m'entendrais)


"La violence est souvent une mise en acte de l'impuissance."
(Si je m'écoutais je m'entendrais)


"Mal-à-di(re) et maladie doivent s'entendre dans différents registres pour que nous puissions accéder au gai-rire."
(Si je m'écoutais je m'entendrais)

"La mise en mots supprime la mise en maux."
(Si je m'écoutais je m'entendrais)

"Certains silences sont trop tonitruants pour ne pas être entendus." (Si je m'écoutais je m'entendrais)

"Il est difficile d'accepter qu'on ne naît pas homme ou femme, mais qu'on le devient." (Si je m'écoutais je m'entendrais)

"Toute demande est recevable, mais pas forcément réalisable."
(Si je m'écoutais je m'entendrais)

"Trois tailleurs sur un chantier taillent des pierres. Quelqu'un passant par là leur demande ce qu'ils font.
Le premier répond : " Je taille des pierres"
Le second répond : " Je construis un mur"
Le troisième répond : "Je bâtis une cathédrale"."
(Si je m'écoutais je m'entendrais)

"La dévalorisation est un grand fléau pour les relations ; elle porte ombrage à celui qui la vit tout comme à celui qui tente d'aimer une personne dévalorisée."
(Si je m'écoutais je m'entendrais)



"Le pire des ressentiments est de ne pouvoir pardonner à l'autre le mal qu'on lui a fait."
(Si je m'écoutais je m'entendrais)

"Le pire des terrorismes est de laisser croire à l'autre que c'est bien son point de vue que l'on exprime."
(Si je m'écoutais je m'entendrais)

Garder un oeil ouvert à l'intérieur de soi permet au regard d'aller toujours plus loin."
(Si je m'écoutais je m'entendrais)

"Tout se passe comme si ce que l'autre nous donne était moins important que ce qu'il ne nous donne pas. Nous privilégions le manque et non le recevoir."
(Si je m'écoutais je m'entendrais)

"Par les refus, par le non, j'ouvre la porte à la différenciation et je me définis ainsi comme unique et responsable."
(Si je m'écoutais je m'entendrais)

"Ce n'est pas toi qui me fais peur, c'est moi qui ne peux pas entendre ma propre peur."
(Si je m'écoutais je m'entendrais)


"Renoncer à ce qui nous manque est plus difficile que de renoncer à ce qu'on a."
(Si je m'écoutais je m'entendrais)

"Le bonheur c'est oser dire oui. Le malheur du bonheur, c'est d'être seul à être heureux."
(Si je m'écoutais je m'entendrais)

"La tentation de l'homme d'aujourd'hui est de vouloir se charger des défaillances de Dieu."
(Vivre avec les autres)

"La pire des solitudes n'est pas d'être seul, c'est de s'ennuyer en sa propre compagnie."
(Vivre avec les autres)

"Quand les dieux veulent nous punir, ils exaucent nos prières."
(Vivre avec les autres)


"Nourrir la déception est une occupation essentielle pour alimenter le ressentiment."
(Parle-moi, j'ai des choses à te dire)


"Nous ne choisissons pas toujours la rupture, ni vraiment le chagrin, nous choisissons souvent la survie."
(Parle-moi, j'ai des choses à te dire)


"Vieillir ensemble, ce n'est pas ajouter des années à la vie, mais de la vie aux années."
(Parle-moi, j'ai des choses à te dire)

"Dans un couple, peut-être que l'important n'est pas de vouloir rendre l'autre heureux, c'est de se rendre heureux et d'offrir ce bonheur à l'autre."
(Parle-moi, j'ai des choses à te dire)

"J'ai essayé de l'écouter et il ne veut rien entendre."
(Parle-moi, j'ai des choses à te dire)


"Si tu ne sais pas quoi faire de tes mains transforme-les en caresses."
(Parle-moi, j'ai des choses à te dire)


"Nous vivons dans une culture où le superflu est devenu si nécessaire que nous sommes condamnés à toujours vivre dans le manque"
(Vivre avec les autres)

"Aujourd'hui on peut communiquer à tout instant sans même se rencontrer... Bientôt il ne sera plus nécessaire de vivre pour exister. Et un jour prochain, ce sera peut-être un clone qui vivra pour moi ma propre existence."
(Vivre avec les autres)

"Il faut prendre soin de son corps pour que l'âme s'y sente bien." (Vivre avec les autres)


"La bonne volonté n'est pas suffisante pour s'entendre et même se comprendre, encore faut-il émettre et recevoir sur la bonne longueur d'onde."
(Vivre avec les autres)


"Il est relativement facile de faire des erreurs, mais les répéter et les entretenir suppose beaucoup de constance et un entraînement de haut niveau."
(Vivre avec les autres)

"La violence est le langage de la peur, du désarroi, de l'impuissance, non de la puissance comme on le croit trop souvent."
(Vivre avec les autres)


"La mémoire du coeur est le plus court chemin pour retourner à nos sources et agrandir l'avenir."
(Vivre avec les autres)


"Une forme de générosité consisterait à s'émerveiller du cadeau que représente le seul fait d'exister à chaque instant de la vie."
(Vivre avec les autres)


"Toute personne qui communique avec le meilleur d'elle-même est à sa façon un agent de changement pour un monde plus libre."
(Vivre avec les autres)


"Nous avons oublié comme parents que certains mots, certaines paroles à base de jugements, porteurs de rejets ou de menaces, s'inscrivent chez l'enfant comme une blessure sans appel."
(Papa, maman, écoutez-moi vraiment)

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Jacques Salomé !

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