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Nombre de messages: 42 Date d'inscription: 23/11/2008
 | Sujet: Khalil Gibran Lun 22 Déc - 16:00 | |
| L'amour
Quand l'amour vous fait signe, suivez-le, Bien que ses chemins soient raides et ardus. Et quand il vous enveloppe de ses ailes, cédez-lui, Même si l'épée cachée dans ses pennes vous blesse, Et quand il vous parle, croyez en lui, Même si sa voix brise vos rêves comme le vent du nord dévastant un jardin. Car si l'amour vous couronne, il vous crucifie aussi. Et s'il est pour votre croissance, il est aussi pour votre élagage. De même qu'il s'élève à votre hauteur pour caresser vos plus tendres branches frémissant dans le soleil, Il descend jusqu'à vos racines et les secoue de leur adhérence à la terre. Telles des gerbes de blé, il vous ramasse et vous serre contre lui. Il vous vanne pour vous dénuder. Il vous tamise pour vous libérer de votre enveloppe. Il vous pile jusqu'à la blancheur. Il vous pétrit jusqu'à vous rendre malléables; Puis il vous assigne à son feu sacré afin que vous deveniez pain sacré au festin sacré de Dieu. Tout cela, l'amour vous le fait subir afin que vous connaissiez les secrets de votre coeur et, au travers de cette connaissance, deveniez fragment du coeur de la Vie. Mais si, pusillanimes, vous ne recherchiez que la paix de l'amour et sa volupté, mieux vaudrait pour vous couvrir votre nudité et sortir de l'aire de l'amour, pour pénétrer dans le monde sans saisons en lequel vous rirez, mais pas de tout votre rire, et pleurerez, mais pas de toutes vos larmes.
L'amour ne donne que de lui même et ne prend que de lui-même. L'amour ne possède pas et ne saurait être possédé. Car l'amour suffit à l'amour.
Lorsque vous aimez, vous ne devriez pas dire : "Dieu est dans mon coeur", mais plutôt : "Je suis dans le coeur de Dieu." Et ne croyez pas qu'il vous appartienne de diriger le cours de l'amour, car c'est l'amour, s'il vous en juge dignes, qui dirigera le vôtre. L'amour n'a d'autre désir que de s'accomplir. Mais si vous aimez et ne pouvez échapper aux désirs, qu'ils soient ceux-ci : Vous dissoudre et être comme l'eau vive d'un ruisseau chantant sa melopée à la nuit, connaître la douleur d'une tendresse excessive, recevoir la blessure de votre conception de l'amour, perdre votre sang volontiers et avec joie, vous réveiller aux aurores, le coeur ailé, et rendre grâces pour une nouvelle journée d'amour, vous reposer à l'heure du méridien et méditer l'extase de l'amour, revenir à votre foyer le soir, avec gratitude, puis vous endormir avec au coeur une prière pour l'être aimé et sur vos lèvres un chant de louange.
Les enfants
Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles du désir de la Vie pour elle-même. Ils passent par vous mais ne viennent pas de vous, Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas. Vous pouvez leur donner votre amour, mais pas vos pensées. Car ils ont leurs propres pensées. Vous pouvez loger leurs coprs, mais pas leurs âmes. Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter, pas même en rêve. Vous pouvez vous efforcer d'être semblables à eux, mais ne cherchez pas à les rendre semblables à vous, Car la vie ne revient pas en arrière et ne s'attarde pas avec le passé. Vous êtes les arcs à partir desquels vos enfants, telles des flèches vivantes, sont lancés. L'Archer vise la cible sur la trajectoire de l'infini, et Il vous courbe de toutes ses forces afin que les flèches soient rapides et leur portée lointaine. Puisse votre courbure dans la main de l'Archer être pour l'allégresse, Car de même qu'Il chérit la flèche en son envol, Il aime l'arc aussi en sa stabilité.
La Joie et de la Tristesse
« Votre joie est votre tristesse sans masque. Ce même puits d'où jaillit votre rire fut souvent rempli de vos larmes. Et comment en serait-il autrement ? Plus profondément la tristesse creusera dans votre être, plus abondamment vous pourrez le combler de joie.
La coupe fraîche qui contient votre vin n'est-elle pas celle-là même qui fut brûlante dans le four du potier ? Et 1e luth qui apaise votre esprit, n'est-il pas ce même bois qui fut taillé à coups de couteau ?
Lorsque vous éprouvez de la joie, sondez votre coeur et vous trouverez que seul ce qui dans le passé vous a causé de la peine fait à présent votre bonheur. Et dès lors que la tristesse vous envahit, sondez de nouveau votre coeur et vous verrez qu'en vérité vous pleurez sur ce qui autrefois vous a rendu heureux.
Certains d'entre vous disent que la joie est plus grande que la tristesse, et d'autres de soutenir le contraire. Mais moi, je vous dis qu'elles ne sont point séparables. Elles marchent la main dans la main ; et quand l'une vient s'attabler seule avec vous, n'oubliez pas que l'autre s'est assoupie sur votre lit. En vérité, vous êtes comme les plateaux d'une balance, oscillant entre votre joie et votre tristesse. Il faudrait que vous soyez vide pour rester immobile et en équilibre. Et quand le gardien du trésor vous soulève pour peser son argent et son or, vous ne pouvez empêcher votre joie ou votre tristesse de faire pencher, la balance. »
« Donnez donc maintenant, afin que la saison de donner soit vôtre et non celle de vos héritiers. »
Chacun de vous vit dans l'acte des autres, et ceux-ci, bien qu'ils l'ignorent, sont avec vous tout au long de vos jours. Ils ne commettent pas un crime sans que votre main soit dans leur main. Ils ne tombent pas sans que vous ne tombiez aussi (...). Vous et votre prochain êtes deux graines semées dans le champ. Vous grandirez ensemble et ensemble vous ondulerez sous le vent...
Celui qui, par quelque alchimie sait extraire de son coeur, pour les refondre ensemble, compassion, respect, besoin, patience, regret, surprise et pardon crée cet atome qu'on appelle l'amour.
Si tu révèles ton secret au vent, tu ne dois pas lui reprocher de le révéler à l'arbre
Le hibou qui vit à l'orée de la nuit est aveugle au jour ; ses yeux ne peuvent dévoiler le mystère de la lumière. La vie et la mort ne font qu'un, comme ne font qu'un la rivière et la mer. Qu'est ce donc que mourir si ce n'est s'offrir nu au vent et s'évaporer au soleil ? Ayez confiance en vos rêves, car en eux sont cachées les clefs de l'éternité. »
« Quand votre ami vous confie ses pensées, ne craignez pas de le critiquer et ne vous retenez pas de l'encourager. Et lorsqu'il ne dit mot, que votre coeur ne cesse de l'écouter ce qui palpite dans son coeur. Car en amitié toute pensée, envie et attente naissent muettes et se partagent avec une joie discrète. »
Tout existe en vous Tout ce qui est dans la création existe en vous, et tout ce qui existe en vous est dans la création. Il n'est pas de frontière entre vous et les choses les plus proches, et il n'y a pas de distance entre vous et les choses les plus éloignées. Et toutes les choses, de la plus basse à la plus élevée, de la plus petite à la plus grande, sont en vous dans une complète harmonie. Dans une atome, on trouve tous les éléments de la Terre; dans un mouvement de l'esprit se trouvent tous les mouvements des lois de l'existence; dans une goutte d'eau se trouvent tous les secrets des océans sans fin; dans un aspect de vous, il y a tous les aspects de l'existence.
"La vérité d'autrui n'est pas dans ce qu'il te révèle, mais dans ce qu'il ne peut pas te révéler. Alors, pour le comprendre, n'écoute pas ce qu'il dit, mais bien ce qu'il ne dit pas". |
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